Abu al-Hasan al-Ach’ari (m. 324 H) a rejeté les ta'wîls (interprétations) erronés des néo-ach’aris et de leurs semblables qui déforment cet attribut en lui donnant le sens de « deux bienfaits », d'autres prétendant qu'al-yad (la main) signifie « al-qudrah » (la puissance) etc. Il a dit dans Al-Ibânah ‘an Usûl id-Diyânah (p. 133) :

Si quelqu'un dit : Pourquoi nies-tu que Sa parole :

مِّمَّا عَمِلَتْ أَيْدِينَا
[N'ont-ils pas vu que Nous avons créé pour eux,] de Nos propres mains
Yâ Sîn 36.71

et Sa parole :

لِمَا خَلَقْتُ بِيَدَيَّ
devant ce que J'ai créé de Mes propres mains
Sûrah Sâd 38.75

sont des métaphores ? On lui répond :

La règle en ce qui concerne la parole d'Allâh – le Puissant et Majestueux – c'est qu'on la prend selon son sens đħâhir (apparent) et ĥaqîqî (réel). On ne sort quelque chose de son sens dhâhir pour lui donner un sens majâzî (métaphorique) qu'avec une preuve (...) De même, la parole d'Allâh, le Puissant et Majestueux :

لما خلقت بيدي
devant ce que J'ai créé de Mes propres mains

Son sens đħâhir (apparent) et ĥaqîqî (réel) affirme al-yadayn (deux mains d'Allâh). Il n'est donc pas permis de la faire passer de son sens apparent de yadayn à ce que prétendent nos contradicteurs, sauf avec preuve. Par conséquent, en ce qui concerne la parole d'Allâh :

لما خلقت بيدي
devant ce que J'ai créé de Mes propres mains

Il est obligatoire d'affirmer qu'Allâh – le Très-Haut – a deux mains au sens ĥaqîqî (réel), pas avec le sens de ni’matayn (deux bienfaits d'Allâh).

Ahl us-Sunnah, les suiveurs des Salaf as-Sâlih, les gens de l'ithbât (l'affirmation), ont, contrairement aux négateurs et aux déformeurs des Attributs, une méthode saine, uniforme et cohérente vis-à-vis de ce qui affirmé dans le Livre et la Sunnah comme attributs pour Allâh. Ils affirment tout ce qu'Allâh a affirmé à Son propre sujet et tout ce que Son Messager a affirmé Le concernant, en affirmant son sens tout en niant toute ressemblance entre les réalités de Ses attributs et les réalités des attributs des créatures.